Interview "Bourdin Direct" sur BFM-TV et RMC - 27 août 2020

Invité de Jean-Jacques Bourdin, Xavier Bertrand déplore l’explosion de l’ultra-violence gratuite. Des agressions et homicides tragiques ont en effet ponctué un « été Orange mécanique » qui a profondément marqué les Français. Nous n’avons pas d’autre choix que de casser cette spirale infernale. L’Etat doit faire respecter le droit républicain et assurer la sécurité des citoyens, « quoi qu’il en coûte ».

Le sentiment d’impunité qu’éprouvent les délinquants est lié à une crise profonde du respect de l’autorité. Si le Gouvernement ne réagit pas fermement et très rapidement, la peur qui se développe risque de déboucher sur des réactions d’auto-défense, ce qui serait la fin de la République et de l’état de droit.

La soumission aux lois n’est pas une option. Face aux violences de cet été, il aurait été utile de provoquer une réunion sous l’autorité du Président, avec le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur et le Garde des Sceaux, afin de donner des instructions claires au Parquet en matière de poursuites. Il faut favoriser les comparutions immédiates lorsque se produisent de graves agressions : nos concitoyens ont besoin de savoir quand a lieu le jugement et quelles suites sont données à des faits tragiques. Nous devons savoir si et quand la Justice passe.

Si la prison n’est pas la seule solution, seules des peines effectives peuvent avoir une valeur dissuasive. La loi Belloubet de 2019 sur l’aménagement des peines doit être supprimée : avec cette loi, si une peine allant jusqu’à un an de prison a été prononcée à l’audience, le magistrat est libre de la transformer et la personne condamnée peut ainsi échapper à la prison. L’absence de sanction réelle conduit fatalement au sentiment d’impunité, ce qui favorise la poursuite et la recrudescence des violences.

Il faut également rétablir les peines plancher, qui apportent la certitude d’une sanction. Contrairement aux idées reçues, les peines courtes ne favorisent pas la poursuite dans la délinquance : si elles sont réellement et rapidement effectuées, elles peuvent conduire à une réelle réinsertion, à condition de tendre la main et d’offrir ensuite de vraies perspectives, notamment au travers de la formation et de la possibilité d’un emploi.