Interview au Point du 25 mars 2021

Dans son interview accordée au Point, Xavier Bertrand réaffirme son ambition d’une France fière, redressée et réconciliée. Son projet s’articule autour de 3 priorités : restaurer l’autorité de l’État, instaurer une République des territoires et refaire du travail la clé de voûte de notre projet national.

Restaurer l’autorité de l’État

Notre pays est gangréné par l’insécurité et la violence. Il est temps de nous ressaisir ! Nous ne pouvons pas transiger sur nos principes et sur nos valeurs. L’identité de la France n’est pas négociable.

Le premier acte de mon mandat sera de présenter aux Français une loi de programmation quinquennale pour leur sécurité. S’il le faut, je soumettrai ces points aux Français par référendum :

  • Augmenter les budgets de la sécurité et de la justice ;
  • En matière de terrorisme, porter la période de sûreté à 50 ans, afin que les terroristes islamistes ne soient pas libérés tant qu’ils sont en état de nuire ;
  • Abaisser à 15 ans l’âge de la majorité pénale parce que, malheureusement, on agresse et tue de plus en plus jeune dans notre pays ;
  • Faire exécuter toutes les peines de prison, ce qui nécessite de construire pas moins de 20 000 nouvelles places de prison ;
  • Expulser systématiquement tout étranger condamné à une peine de prison ferme, après qu’il l’ait purgée.

Par ailleurs, nous devons reprendre le contrôle face à l’immigration, car la France doit pouvoir décider de qui peut entrer sur son territoire et qui doit en sortir. Je mettrai donc en place une politique de quotas pour l’immigration en fonction des besoins de notre économie et veillerai à ce que toute décision d’éloignement soit systématiquement exécutée.

 

Instaurer une République des territoires

Le centralisme parisien, symbolisé par Emmanuel Macron, a été porté à son paroxysme et a prouvé son inefficacité face à la gestion de la crise sanitaire. La centralisation et la verticalité étouffent notre pays et conduisent à l’impuissance. Le président a négligé les partenaires sociaux, effacé le Parlement et méprisé les élus locaux… il faut tourner la page !

Bien des réponses se trouvent dans les territoires, au plus proche des Français. Je veux construire différemment l’action publique, au service d’une nouvelle façon de vivre, de travailler.

Si on veut de l’efficacité, il faut de la proximité : j’appelle à une révolution, celle d’une « République des territoires », car nous devons transférer de vastes compétences aux collectivités locales (emploi, social, santé, logement, formation professionnelle ou encore, la transition écologique). Bref, nous devons permettre à l’action publique de s’adapter à la situation de chaque territoire.

Et enfin, mettons fin à la dérive technocratique ! Les « technos » n’ont pris le pouvoir que parce que le pouvoir politique l’a bien voulu : les politiques ont capitulé et échoué. Cela, mon expérience des dernières années me l’a fait comprendre profondément.

Le Gouvernement et les ministères parisiens doivent assumer leurs missions régaliennes et de préparation de l’avenir, c’est déjà beaucoup. Transférons le pouvoir du quotidien aux élus locaux et aux préfets.

 

Refaire du travail la clé de voûte de notre projet national

Des millions de Français partent chaque jour tôt au travail et contribuent à l’effort social de la Nation. Remercions-les, car ce n’est que grâce à eux que notre modèle social est possible. La crise du COVID a par ailleurs démontré le rôle indispensable des travailleurs du quotidien : conducteurs routiers, caissières, agents de propreté. On les a félicités, peu récompensés et très vite oubliés…

Je reproche à Emmanuel Macron d’être plus favorable au capital qu’au travail. Le travail, le mérite, la récompense de l’effort, ces valeurs doivent redevenir un élément structurant de notre projet de société, qui mette en avant le rôle et la dignité de chacun.

Il est temps également de libérer les entreprises, mais aussi d’instaurer le sentiment d’un juste retour par rapport aux efforts engagés. Je crois en la participation et je veux que la valeur créée par le travail de tous profite à tous. Ce sera un de mes chantiers prioritaires.

C’est par le travail que nous mettrons un terme au déclin de notre pays et au déclassement des Français. Nous faisons face à un immense défi dans les années qui viennent. Nous allons devoir rétablir nos finances, car on ne peut ni effacer nos dettes, ni continuer à vivre au-dessus de nos moyens. Nous devrons par ailleurs faire face à une transformation profonde du monde du travail : ensemble, nous devons reconstruire le tissu industriel et agricole de notre pays, favoriser l’émergence de nouveaux métiers où chacun puisse s’épanouir, car la réussite de la France ne peut pas reposer sur les seuls premiers de cordée.

 

Je le dis très clairement : je suis totalement déterminé. La situation actuelle de la France l’exige.

Je veux m’adresser à tous les Français. Je veux continuer à développer ces idées dans le dialogue et la prise en compte des réalités de terrain : c’est la raison qui m’a conduit il y a bientôt 10 ans à lancer La Manufacture, cet espace d’échange et d’écoute qui me nourrit et m’aide à construire un projet à la fois concret, réaliste et ambitieux pour redresser la France.

 

Xavier Bertrand

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