Rencontre-débat Zoom du 16 mars 2021

Le 16 mars 2021, la Manufacture recevait Julien Aubert, Député Les Républicains de Vaucluse et Président d’Oser La France, François Hommeril, Président du Syndicat CFE-CGC et José Faucheux, Président de la CAPEB de l’Aisne, en présence de Xavier Bertrand.A l’heure de la présentation à l’Assemblée Nationale de la loi "Climat et Résilience », cette rencontre-débat a été l’occasion d’aborder la place du nucléaire et des renouvelables dans le "mix" électrique français et les problématiques qui y sont liées de sécurité d’approvisionnement, mais également la récente augmentation des tarifs de l’électricité et le projet "Hercule" de réorganisation d’EDF négocié entre l’Etat et la Commission européenne.

Julien Aubert souligne d’emblée que le grand avantage du mix électrique français actuel est d’être décarboné : grâce à la combinaison du nucléaire et de l’hydroélectrique, la France est historiquement une nation pionnière et exemplaire en matière d’émission de carbone et de sécurité d’approvisionnement.

Traditionnellement, la France produit également une énergie « sociale », à la fois abordable pour nos concitoyens et compétitive pour nos entreprises… ce que les récentes augmentations du coût de l’énergie remettent malheureusement en question (entre 2007 et 2020, le coût de l’électricité a augmenté de près de 60%).

Depuis 2007, il a été décidé de mettre en concurrence différentes sources d’électricité en développant les énergies renouvelables (solaire, éolien…).

 

Que penser d’un scénario 100% énergies renouvelables à l’horizon 2050 ?

Julien Aubert souligne que la diabolisation du nucléaire en France est le fait d’associations qui agissent prioritairement par dogmatisme.

Avec le développement des énergies renouvelables, par essence intermittentes, la sécurité de notre alimentation énergétique implique que des solutions de flexibilité soient mises en place : réseaux intelligents, capacité d’achat massif d’électricité auprès de pays voisins, etc.

Les énergies vertes ne sont rentables, ni écologiquement, ni économiquement :

  • Le photovoltaïque et l’éolien occupent bien plus de superficie que le nucléaire ;
  • Leur contribution au PIB est plus faible que celle du nucléaire ;
  • Elle ne produisent que peu d’emplois ;
  • Surtout, on omet souvent de mentionner que les matériaux nécessaires à la fabrication d’éléments de production d’énergie verte (béton, phosphore, silice, etc.) ont un coût environnemental important.

Les enjeux du projet HERCULE

François Hommeril, Président du Syndicat CFE-CGC, exprime la forte opposition inter-syndicale depuis l’annonce du projet HERCULE qui, selon lui, crée une distorsion majeure entre coûts de production et coûts de vente : il y a un enjeu de service public. consistant à fournir partout en France de l’électricité au même prix et pour tout le monde.

Il souligne que le nucléaire n’est pas une énergie du passé, mais du présent. Mais il faut également se projeter dans l’avenir, en nous donnant les moyens d’avoir tourné la page du nucléaire traditionnel d’ici une cinquantaine d’années.

Le projet consiste à diviser EDF en deux entités : une dédiée à l’énergie traditionnelle, l’autre aux énergies renouvelables. Ce projet ne présente que des désavantages : comment une entreprise de service public peut-elle se séparer de ses investissements sur les énergies d’avenir ?

Julien Aubert souligne que la réforme HERCULE conduit à séparer public et privé.

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