Interview BFM Politique – 29 novembre 2020

Il y a dénoncé l’amateurisme de certaines décisions gouvernementales et soulevé le manque de sincérité et de transparence de la part d'un "Président caméléon" et de son Gouvernement, qui engendrent le manque de confiance croissant et l’exaspération d’une partie des Français.

Sécurité et réponse à l’hyperviolence

Ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre ne doivent pas rester en liberté.
En matière législative, il faut un nouveau texte, qui ne s’appuierait pas sur la notion de liberté de la presse (article 24), mais sur le code pénal. Il faut notamment renforcer le texte sur le cyber-harcèlement.
On doit la protection à ceux qui assurent l’ordre public (policiers menacés, harcelés, qui ont peur dans leur vie privée) ; ils doivent en contrepartie être irréprochables.
Il convient par ailleurs d’appliquer une politique sécuritaire courageuse. Par exemple, les black-blocs doivent être mis hors d’état de nuire : il faut des peines de prison fermes, pas des rappels à la loi ou du sursis

Changer de méthode face à la crise

La méthode actuelle, opaque et centralisatrice, ainsi que la prise de pouvoir de la bureaucratie doivent cesser.
Il faut de la transparence pour gagner la confiance des Français. Il faut également respecter le rôle des élus des collectivités et appliquer une décentralisation intelligente (le couple maire-préfet mise en avant par le gouvernement, dans les faits, a volé en éclat). Xavier Bertrand souligne à ce titre que Bruno Le Maire est le seul ministre qui entretient un dialogue constructif avec les Présidents de Région.
Les données scientifiques précises qui servent de base aux décisions prises par le Gouvernement doivent être communiquées : cela permettra de les faire mieux accepter, au lieu de susciter de la défiance.
Il faut une politique de bon sens et mettre fin au travail d’amateur : les décisions prises doivent être expliquées et débattues avec l’ensemble des métiers concernés.
Xavier Bertrand souligne qu’avec un protocole sanitaire strict, on peut faire mieux et sortir du « deux poids, deux mesures » : pourquoi par exemple les cantines des lycées sont-elles ouvertes, alors que les restaurateurs sont condamnés à la fermeture administrative ?

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« Aller chercher les assureurs, bien cachés depuis le début de la crise »

Soutenir, accompagner

Il faut faire davantage, notamment pour les jeunes et les indépendants, particulièrement touchés. Et plus généralement, permettre aux entreprises de travailler, si l’on veut retrouver la même France qu’avant à la sortie de la crise. Il faut une vraie indemnisation de la perte d’exploitation, pour tous les secteurs touchés.
Le Gouvernement doit apporter des réponses précises (par exemple, régler la problématique des congés payés).
Il faut aller chercher les assureurs, « bien cachés depuis le début de la crise » : le Gouvernement doit obtenir d’eux qu’il y ait une vraie prise en charge… ou sinon prévoir une taxe qui les contraigne à participer à « l’effort de guerre ».
Pour les plus démunis, il faut faire davantage et soutenir les banques alimentaires. Xavier Bertand indique que dans la Région Hauts-de-France, des discussions sont en cours avec les dirigeants de la grande distribution et l’ensemble de l’industrie agro-alimentaire pour favoriser les dons et la solidarité.

Une vraie stratégie pour sortir de la crise sanitaire

Le Gouvernement doit présenter et expliquer la stratégie vaccinale. Il faut une réelle transparence sur les priorités (soignants, personnes vulnérables…) et les éventuels effets secondaires.
Également, il faut de la transparence sur la mise en œuvre, pour ne pas connaître un nouvel échec comme avec les masques ou l’application StopCovid : l’Etat doit dire quelles sont les quantités disponibles, et de quel vaccin.
Sans le rendre obligatoire, il faut faire de la pédagogie sur la vaccination.