Interview "Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI" – 18 octobre 2020

Évoquant la décapitation barbare du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine vendredi 16 octobre, Xavier Bertrand estime que la France est arrivée à un "point de bascule".

Selon Xavier Bertrand, « les islamistes nous ont déclaré la guerre voilà bien de nombreuses années ». Face à ces attaques récurrentes, cela fait « bien longtemps que l’État a failli dans la lutte contre l’islamisme ». Il dénonce le renoncement et prône « une offensive républicaine ». Il formule une série de propositions fortes pour rétablir la sécurité républicaine et juguler la montée de l’islamisme radical, dont en premier lieu l’organisation d’un référendum constitutionnel.

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Pour Xavier Bertrand, au-delà du drame humain et de l’horreur, c’est un des symboles majeurs de la République qui vient d’être attaqué :

Ce qui a été attaqué, c’est « l’école, l’un des piliers de la République, où on enseigne […] cette liberté d’expression [et] l’histoire. Toute l’histoire, pas l’histoire à la carte. […] C’est aussi parce que nous prenons conscience que si nous ne mettons pas un coup d’arrêt maintenant, ce sont nos enfants qui pendant dix ans, vingt ans, trente ans, vont vivre avec le poids des islamistes, parce que nous n’aurons pas fait preuve du courage supplémentaire. Nous ne sommes pas encore aujourd’hui entrés en guerre contre eux, alors qu’ils n’ont cessé leurs actes de guerre. […] Si nous ne comprenons pas que c’est eux ou nous – et c’est eux qui doivent être éradiqués – nous n’aurons pas la même France pour nos enfants ».

« Est-ce que, oui ou non, on entre en guerre contre l’islamisme ? »

Des propositions fortes pour une véritable offensive républicaine

Si Xavier Bertrand soutient l’idée de montrer dans toutes les écoles de France la Une de Charlie Hebdo, « pour montrer qu’on ne nous fera pas plier », il appelle à aller plus loin et formule plusieurs propositions. Il n’est pas trop tard, mais l’offensive républicaine doit passer par les services publics : l’école, la sécurité, la justice.

Accompagner et aider les enseignants, mais également les policiers : personne n’a vraiment pris vraiment la mesure de ce qu’ils vivent. Leur formation doit leur permettre de faire face aux nouveaux enjeux. Au plus haut sommet de l’État, il doit y avoir cette prise de conscience et notamment « la hiérarchie de l’Éducation Nationale doit vraiment assister la communauté éducative ».

De nouvelles sanctions judiciaires pour ceux qui refusent l’enseignement républicain et remettent en cause les valeurs de laïcité. « Si l’on voit qu’aujourd’hui notre Droit n’est pas capable de nous protéger, alors il faut changer le droit ».

Imposer le strict respect de toutes les lois françaises à ceux qui bénéficient du droit d’asile. Celui qui a la chance d’être accueilli en France, au premier délit intentionnel ou crime, doit immédiatement être condamné et expulsé : « tous ceux qui sont aujourd’hui sur le territoire français, qui sont de nationalité étrangère, commettent un délit ou un crime, qui s’en prennent aux valeurs de la République – et notamment la laïcité – doivent quitter le territoire français ». Pour Xavier Bertrand, « la France n’est pas à la carte ».

Les fichés S en situation irrégulière doivent être expulsés.

Interdire et dissoudre les mouvements qui se réclament du salafisme ou des Frères Musulmans. Ceux qui placent la foi au-dessus de la loi républicaine contreviennent à l’ordre public français. Ils n’ont donc pas leur place dans notre pays.

Aucun financement étranger direct des mosquées : tout financement doit transiter par la Fondation de l’Islam en France, afin qu’il n’y ait pas de financement direct.

Un référendum constitutionnel pour modifier notre Constitution et « consacrer le principe de laïcité avec la même importance que l’égalité, la liberté et la fraternité ». Pour Xavier Bertrand, « sur un sujet comme celui-ci, si l’on veut faire bloc, c’est au peuple de se prononcer par un référendum ».

« Arrêtons la plaisanterie avec les réseaux sociaux. C’est un lieu d’impunité, l’imam Google est plus puissant que la mosquée aujourd’hui. Il faut changer la Constitution »

Ce référendum devra également permettre de restreindre l’accès aux réseaux sociaux à ceux qui font l’apologie du terrorisme et de la haine. « Il faut que l’anonymat […] soit levé beaucoup plus vite et il y a une façon très simple de le faire » : lorsque l’on ouvre un compte sur un réseau social, on devrait devoir décliner son identité, juste à l’hébergeur, afin de pouvoir être condamné en cas de délit.

Enfin, ce référendum aura pour but de garantir la prolongation de la détention ceux qui se sont rendus coupables de terrorisme. Aujourd’hui, il existe des peines de sûreté de 22, voire 30 ans. « Si vous voulez mettre en place un système de prolongation de leur détention, ça existe en France depuis 2008. C’est Georges Fenech et Rachida Dati qui l’avaient fait voter… mais ce n’est que très peu utilisé […]. C’est un dispositif permettant, année après année, de voir si les personnes, à la fin de leur peine, sont dangereuses ou pas. Il n’y a pas d’établissement pour pouvoir mettre en place cette disposition législative ! Donc il faut, si l’on veut protéger la société, adapter notre état de droit ».

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