Interview au Figaro - 27 août 2020

Les violences ne sont pas nouvelles. Ce qui l'est et doit nous faire réagir au plus vite, c'est ce phénomène d'impuissance de l'Etat à remplir son rôle essentiel de protection des citoyens, associé au sentiment d'impunité qui se développe chez les délinquants et l'explosion de violences gratuites auxquelles on assiste actuellement. Le Gouvernement doit se ressaisir et revoir en urgence sa politique pénale.

Il faut casser la spirale de la violence, en agissant à la fois sur la prévention et sur la répression. Tout délit ou crime doit faire l’objet d’une sanction, ferme et rapidement prononcée. C’est important pour que les citoyens aient à nouveau le sentiment que l’Etat remplit son rôle régalien essentiel de protection, ce qui évitera que sinon, le sentiment d’abandon conduise à se faire justice soit-même. C’est également important pour ceux qui sont tentés pas la délinquance : ils doivent comprendre que toute exaction conduira à une condamnation et une sanction effectives… Ce retour de la fermeté républicaine, associé à de la prévention et à de l’accompagnement, évitera à beaucoup de sombrer dans la violence et l’exclusion. Nous avons donc tous à y gagner.

Concrètement, il faut passer de la parole aux actes : les postures et les tweets ne suffisent pas. Et dire les choses, car des homicides ne sont pas de simples « incivilités » ! Cette déconnexion laisse à juste titre nos concitoyens dans un profond désarroi.

Nous devons revoir de toute urgence notre politique pénale, en commençant par abolir le laxisme judiciaire institué par la loi Belloubet de 2019, sur laquelle le gouvernement doit revenir avant qu’elle de produise des dégâts supplémentaires. Comme le dénonce Xavier Bertrand, « elle prône, dès l’audience, la fin de l’emprisonnement ou un aménagement des peines. Pour une peine prononcée de six mois ou un an, on n’ira pas en prison, contrairement au jugement. Voilà comment s’installe l’impunité ! La prison, si elle n’est pas la seule solution, doit s’imposer quand il faut protéger la société et mettre hors d’état de nuire ceux qui sont dangereux ».