Interview au Monde - 23 septembre 2020

Le passage au quinquennat il y a 20 ans a profondément modifié les institutions de la Cinquième République, conduisant à une « hyperprésidentialisation » du système. D’autre part, la multiplication des échéances électorales conduit à une sorte de campagne permanente, empêchant de se consacrer à l’essentiel. Xavier Bertrand propose donc la mise en place d’un mandat unique de 6 ans, permettant au Président de la République de se consacrer à sa véritable mission plutôt qu’à sa réélection.

Il faut du temps et de la sérénité à un Président pour se concentrer sur la tâche que lui confient les institutions de la Cinquième République : « Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État » (article 5).

Comme le souligne Xavier Bertrand, avec le système actuel d’un quinquennat renouvelable : « un président, s’il veut évaluer et corriger des politiques en cours de mandat, n’en a pas le temps. Et surtout l’obsession de la réélection. Celui ou celle qui est élu pour un mandat aussi court se met forcément en tête de faire deux mandats successifs. Il faut remplacer cette obsession de plaire et de durer par l’obsession de faire, en étant dégagé des contingences électorales ».

Quels seraient les avantages d’un mandat de 6 ans non renouvelable ?

  • 6 ans, à la fois pour le Président et les Députés, cela permet d’éviter la cohabitation.
  • Elu pour un mandat unique, le Président se concentre sur sa mission et se libère de l’obsession de sa réélection : il peut agir dans l’intérêt du pays et ne craint plus les échéances électorales. Il peut de même recourir plus facilement au référendum sur des sujets majeurs, afin de redonner la parole aux peuple français. Le référendum redevient alors ce qu’il est censé être : une question sur un sujet précis et non plus un calcul politique.
  • Cela permet de concentrer à mi-mandat l’ensemble des élections locales (municipales, régionales…) et de renouveler une moitié des Sénateurs (élus pour 6 ans, ils sont renouvelés par moitié tous les 3 ans).
    Pour Xavier Bertrand, « ce rendez-vous de mi-mandat serait une vraie respiration démocratique. Nous sortirions enfin du climat français actuel de campagne électorale permanente, où chaque année ou presque il y a des élections. »