Rencontre-débat Zoom du 05 mai 2021

Le 5 mai 2021, la Manufacture accueillait François HUREL, Président de l’Union des AutoEntrepreneurs (UAE) et initiateur du régime autoentrepreneurial en 2009 et Monique SENTEY, Déléguée générale de l’UAE.Hommage au Bicentenaire de Napoléon, son célèbre adage « Quand on veut on peut, quand on peut on doit » résume la philosophie des autoentrepreneurs : se lancer !La croissance de l’auto-entrepreneuriat, c’est l’enjeu économique et d’innovation de la France de demain. Et la pandémie a donné aux Français le goût de l’indépendance ou plutôt, l’a réveillé.

Naissance du statut d’autoentrepreneur : un enjeu de simplification

« Les Français veulent travailler, s’exprimer et bénéficier des fruits de leur travail ». 2009 est un tournant. La création du statut d’autoentrepreneur a permis de lever les deux principaux freins à la création de microentreprise : la complexité abondante et le risque trop élevé.

Plus que jamais populaire, ce statut présente de nombreux avantages :

  • Introduction de la signature électronique dans les procédures ;
  • Instauration de la règle d’or : pas de chiffre d’affaires, pas de TVA ;
  • Prémices du prélèvement à la source ;
  • Parcours d’accompagnement à la création en 10 questions ;
  • Régime universel identique pour tous ;
  • Création de la règle européenne permettant la mise en place d’un dispositif hors champ de TVA qui n’est que de 33 000€ en France, l’un des plus bas d’Europe ;
  • Pas de cessation de TVA sur les prestations ;
  • Charges grevées grâce au paiement sur le chiffre d’affaires et non le bénéfice.

C’est aussi « un marchepied pour aller plus loin » comme le souligne Aurore Lepaintre, fondatrice et directrice d’Aurore Boréale aujourd’hui à la tête d’une entreprise de plusieurs salariés. Être autoentrepreneur c’est pouvoir se lancer, changer, sans prise de risque, sans rien devoir.

 

12 ans plus tard, quel constat ?

2 400 nouveaux autoentrepreneurs s’inscrivent tous les jours en France. En l’espace de 12 ans, la France est passée de 0 à plus de 2 millions d’autoentrepreneurs.

Aujourd’hui, il est nécessaire, le rappelle François Hurel, d’identifier les difficultés et d’y apporter des réponses :

Manque d’accès à des formations professionnelles

C’est le cas par exemple d’Émilie LEBLANC, rédactrice web depuis décembre 2020, auto-entrepreneuse dans un autre secteur auparavant, elle est une habituée de ce statut. Pour elle, « il y a un enjeu d’accès aux formations spécialisées pour grandir et faire la différence »

Manque de protection sociale des travailleurs indépendants les plus exposés aux risques

Abderrahim TAOUFIQ, est un ancien livreur, fondateur de FeedMi qui réinvente le modèle de livraison de repas à domicile dont « L’objectif est d’offrir aux équipes des conditions de travail plus respectueuses en réalisant les livraisons à compte propre. » Le succès a tout de suite été au rendez-vous. Après 19 mois d’existence, 135 restaurants sont partenaires du projet et bénéficient eux aussi d’une image positive sans passer par des budgets de communication disproportionnés. La suite ? Faire passer ses livreurs au statut de salarié polyvalent.

Manque de représentation et de représentativité des autoentrepreneurs

Monique SENTEY le souligne, il existe des situations de vie très différentes entre chaque autoentrepreneur, des activités génèrent plus que d’autres et ont besoin de plus de protection. Pour elle, « il faut pouvoir générer des revenus intégrant les cotisations et couvertures. »

 

Faire des autoentrepreneurs des travailleurs pleinement reconnus

François Hurel dessine un programme en 3 volets, très concrets :

Faire converger les statuts juridiques des entreprises. Ce qui régit la vie d’un entrepreneur c’est sa gouvernance, son organisation :

  • Fonder une unique famille des entrepreneurs,
  • Simplifier tous les codes de procédure,
  • Conserver la lisibilité et la souplesse du statut,
  • Simplifier le passage de l’auto-entrepreneuriat à un autre statut
    – Le Groupement d’intérêt économique soit dédié à passer outre les lourdeurs administratives,
    – Les procédures entourant le passage de la microentreprise à la société soient clarifiées.

Faciliter le chemin vers l’auto-entrepreneuriat :

  • Développer les formations initiales dédiées à la création d’entreprises,
  • Simplifier les accès qui sont aujourd’hui rendus très compliqués par l’administration, au motif « qu’elles n’entrent pas dans une case claire ».

Sanctuariser ce régime en droit, lui permettre d’exister et d’être pleinement reconnu :

  • Permettre d’accéder à une prévoyance sociale,
  • Avoir une voix au chapitre aux côtés des autres statuts dans les négociations collectives,
  • Permettre aux autoentrepreneurs d’accéder aux aides bancaires alors même qu’ils n’ont pas la « sacrosainte » feuille de paie.

 

Un chemin est à dessiner entre l’attachement français à la (sur-)codification et le meilleur statut pour une entreprise : la feuille blanche.

Cette souplesse qui leur est offerte, c’est l’une de leurs forces et Jean-Benoît DUPOUY, dont l’activité est centrée sur le vin, fortement éprouvé par la pandémie en est un bel exemple. Pour lui, « l’aspect le plus plaisant reste la capacité d’innover à partir de ce qui plait et donc de rebondir facilement. L’objectif est de se faire plaisir, mais aussi de pouvoir transmettre, être autoentrepreneur c’est être prêt face à des circonstances telles que la pandémie. »

La société de service encourage les personnes à aller à la rencontre les uns des autres, à nous à présent d’aller vers ces acteurs et de nous battre pour eux.

François HUREL et La Manufacture remercient Fédérique REZE pour avoir été à l’initiative de cette rencontre.

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