Rencontre-débat Zoom du 22 mars 2021

Le 22 mars 2021, la Manufacture recevait Olivier Marleix, Vice-Président des Républicains et Député d’Eure-et-Loir, autour de la sortie de son livre « Les liquidateurs : ce que le macronisme inflige à la France et comment en sortir », en présence de Xavier Bertrand. Ce débat fut l'occasion de traiter en particulier de l'urgence de redéfinir une stratégie industrielle française efficace et ambitieuse, destinée à garantir notre indépendance économique et nos emplois.

Pour parler renouveau industriel et Etat stratège, Karine Charbonnier, Vice-présidente du Conseil régional des Hauts-de-France et Directrice générale de Beck Industries et Olivier Lluansi, Associé chez Strategy&, spécialiste du secteur industriel sont venus enrichir le débat de leurs expériences.

Face aux très nombreux enjeux que doit affronter notre pays, le renouveau industriel apparaît comme LA solution. Cette rencontre-débat, a été l’occasion de rappeler l’importance de ce secteur et d’élaborer des pistes de réflexion pour le moderniser.

L’industrie, une force économique parfois méprisée

L’industrie fixe l’activité économique dans un territoire.

  • Elle procure des salaires convenables (2 fois le SMIC pour le salaire moyen) ;
  • Elle représente 80% de la R&D du secteur privé et permet le développement technologique du pays;
  • Elle constitue un débouché primordial pour les services.

Pourtant depuis 2009, la France a perdu 550 usines et selon une étude de Trendeo, près de 15 000 emplois ont été supprimés en 2020 dans l’industrie avec deux secteurs particulièrement touchés : l’aéronautique et l’automobile.

Mettre fin au sentiment de déclassement des travailleurs en menant une politique de filière

Olivier Marleix a immédiatement souligné que les dimensions de l’emploi et du pouvoir d’achat avaient été trop négligées ces dernières années.

La part de l’industrie dans l’emploi est tombée à 13% en France contre 26% en 1980.

En moyenne, la France perd 100 emplois industriels par jour. Il est donc aujourd’hui central de mettre en place une politique de filière pour restaurer l’industrie en identifiant secteur par secteur les actifs stratégiques à préserver et investir.

Concilier protection de nos actifs stratégiques et investissements étrangers

La perte accélérée depuis 2012 de nombreux fleurons industriels nationaux (Alstom, Alcatel, Lafarge, Technip, Latécoère…) cédés à des intérêts étrangers avec le soutien du pouvoir exécutif, a été extrêmement dommageable pour le pays. Des groupes étrangers les ont, en effet, ensuite démantelés selon leurs intérêts et ceux de leur pays d’origine. Il est donc central de concilier la protection de nos actifs stratégiques et politique d’attractivité des investisseurs étrangers.

A ce titre, Olivier Lluansi a dessiné un cap très clair en trois étapes :

  • Identifier nos actifs industriels stratégiques : « on a pas de carte alors même que nombreuses PME/ ETI sont des bijoux » ;
  • S’appuyer sur la capacité de l’Etat à intervenir ;
  • Faire preuve de pragmatisme et décider au cas par cas.

Olivier Marleix a insisté sur la nécessité d’un consensus politique au niveau européen pour s’opposer aux ventes stratégiques. L’affaiblissement de l’industrie française se traduit par des pertes de parts de marché continues au niveau des exportations européennes, nos voisins ayant fait en la matière, des choix plus judicieux que nous. Il propose notamment de s’inspirer de l’exemple des proxy boards américains pour préserver les prises de contrôle étrangères : dans ce modèle, l’actionnaire étranger nomme des représentants à qui il confie la gestion de ses parts dans l’entreprise.

Financer l’innovation et monter en gamme en s’appuyant sur nos atouts !

L’industrie française est plutôt positionnée en milieu de gamme en matière de qualité et d’innovation.

Ayant peu de facteurs différenciants, elle est très exposée à la concurrence par les prix. Prise en étau entre l’industrie allemande, positionnée sur un segment de gamme supérieur, et les industries des pays émergents, qui bénéficient de coûts unitaires de production plus faibles, la France souffre d’une perte de compétitivité. Dans ce contexte, il est urgent de réaliser des investissements de productivité et d’innovation tout en s’appuyant sur les nombreux atouts français :

  • Un pays propice à la création de PME innovantes ;
  • Une qualité mondialement reconnue de nos chercheurs et ingénieurs grâce à un parcours académique exigeant ;
  • Un prix de l’énergie électrique relativement bas qui est un avantage compétitif par rapport à nos voisins européens ;
  • Un réseau d’infrastructures routiers et ferroviaires, malgré un défaut d’investissement pour son entretien, qui est de qualité mondiale et qui joue un rôle logistique clef pour le secteur industriel.

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