Rencontre-débat Zoom du 1er avril 2021 et interview Ouest-France du 4 avril 2021

La "République des Territoires" constitue l’un des trois grands axes du projet proposé par Xavier Bertrand. Sa récente interview à Ouest France a été l'occasion d'y revenir plus en détail et de formuler de premières propositions. Par ailleurs, une rencontre-débat Zoom avec de nombreux élus et adhérents de La Manufacture a permis d'en aborder concrètement les enjeux "de terrain".

Retour sur les principales propositions de Xavier Bertrand dans Ouest France

Soulignant que « la mauvaise gestion de [la] crise Covid marque l’acte de décès de cet État centralisé », Xavier Bertrand appelle à l’instauration d’une « République des Territoires » qu’il qualifie de « changement de régime, [de] nouveau projet de société », ce qui la distingue fondamentalement d’une n-ième étape de décentalisation.

« Tout ce qui concerne la vie quotidienne : le développement économique, le travail, le social, la santé, l’énergie, le logement doivent relever de l’action locale ».

Il souligne que « chacun doit être à sa place » et appelle à une prise de décisions au plus proche des administrés concernés :

« Je donnerai plus de pouvoirs aux préfets en leur permettant d’interpréter et d’adapter les réglementations nationales. Nous pourrons réduire de moitié au moins les délais d’instruction des demandes d’implantation ou d’extension des entreprises grâce à cette souplesse. Je veux en finir avec les autorisations ubuesques dans notre pays. Ce que les Français ont vécu avec l’attestation de déplacement délirante il y a deux semaines, c’est ce que vivent au quotidien les entrepreneurs, les pêcheurs, les agriculteurs. »

« Les projets qui ont un impact sur la vie des habitants, comme l’implantation de nouvelles éoliennes, ne pourront plus être imposés. Qu’aucune classe ne puisse fermer en milieu rural sans accord du maire car je crois profondément que l’on peut mettre un terme au déclin démographique de nos villes moyennes et de nos campagnes. Et qu’on réinvestisse tous nos territoires par les services publics de proximité ! »

Il propose donc un vaste transfert de compétences de l’Etat vers les Régions et Départements:

« Les Agences régionales de santé passeront sous le pilotage des Régions et Départements. L’action sociale relèvera uniquement des Départements. Les politiques d’emploi et de formation seront confiées aux Régions qui auront aussi compétence en matière d’organisation des infrastructures et des transports ferroviaires. »

Il propose également de refondre le mode d’élection des conseillers départementaux et régionaux :

« Je veux conserver Départements et Régions mais avec le même élu, en gardant le mode de scrutin départemental actuel (en binôme, à parité, par canton) pour désigner des conseillers territoriaux qui siégeront à la fois au Département et à la Région. Il y aura un tiers d’élus en moins et nous gagnerons en cohérence et en efficacité. »

La relance de l’emploi pourra s’opérer par des investissements massifs dans les infrastructures des territoires :

« Le réseau routier est en mauvais état, les trains doivent être relancés – les lignes à grande vitesse, comme le TGV au-delà de Rennes, les lignes de proximité et le fret. Pour moi, les choses sont claires. Réaliser les infrastructures ne se fera pas au prix d’une écotaxe qui tuerait le transport routier français. Toutes ces dépenses d’investissement créent des emplois non délocalisables dès 2022. »

Convaincu que « c’est par le renouveau des territoires que nous allons remettre la France en mouvement », Xavier Bertrand appelle à ce que les évolutions de société soient remises « au cœur des politiques publiques avec un changement en profondeur des relations du travail, en investissant dans les infrastructures numériques, de transport et dans les services publics. »

 

Lire ici l’interview intégrale dans Ouest-France (réservé abonnés)

Résumé de la rencontre-débat Zoom organisée autour de Mathieu Darnaud, Sénateur LR de l’Ardèche, et de Jean-François Rapin, Sénateur LR du Pas-de-Calais

« L’état centralisé est un cadavre qui étouffe les initiatives des français. Si on veut de l’efficacité il faut de la proximité. Il faut une République des Territoires. ».

Le Sénateur Mathieu Darnaud a voulu rappeler les carences de l’efficacité de l’action publique révélées par la crise sanitaire : « Je fais partie de ceux qui plaident pour une vraie décentralisation et un Etat territorial. Pour cela, il faut clarifier qui fait quoi ! On a vu le manque de coordination, alors même que l’on sait que l’état s’est reposé sur les collectivités locales et, singulièrement sur les maires, sans pour autant leur donner les moyens d’agir. L’Etat centralisateur est une garantie de perte de temps avec, pour exemples, l’acheminement des masques et la vaccination. Il est étonnant de voir que ce sont les maires qui proposent de mettre en place les vaccinodromes ! »

Le Sénateur Jean-François Rapin a renchéri, en évoquant l’efficacité trouvée sur les territoires grâce aux actions des élus locaux, ce qui pose la question de l’échelle de l’efficacité de l’état.

Concernant le projet de loi 4D (décentralisation, différenciation, déconcentration, décomplexification ), Mathieu Darnaud rappelle que la décentralisation n’a jamais été réellement aboutie : « oui nous sommes une République une et indivisible ! Mais les problématiques de chaque territoire sont différentes ! » Selon lui, la loi 4D est sectorielle, manque de souffle et ne répond pas aux attentes des concitoyens en matière de proximité : « on est loin du rendez-vous promis par le Président de la République ».

Mathieu Darnaud a ensuite répondu aux témoignages d’élus terrain de départements différents en faisant ce constat : la montée de l’insécurité dans tous nos territoires et le manque de moyens attribués aux petites communes rurales en survie. Selon lui, le maire doit être mieux informé, et placé au centre du dispositif de sécurité avec une meilleure concertation : « qui mieux que le maire pour connaître les besoins de son territoire ?. Il doit être l’interlocuteur privilégié, mais il faut également « lui donner les moyens. »

Il a par ailleurs souligné qu’on ne peut penser la République des Territoires sans poser la question des péréquations, car tous les territoires ne disposent pas des mêmes ressources.

Xavier Bertrand a ensuite eu l’occasion de rappeler sa conviction profonde de la nécessité de changer de système et de société. Tout en préservant les institutions de la 5e république, il est possible de changer le mode de décision ! « Il faut transférer les compétences aux élus locaux et décomplexifier ! » tout en précisant qu’il ne s’inscrit pas dans un débat Paris contre la Province, ni métropoles contre villes moyennes et ruralité. Il appelle à se souvenir du message des Gilets Jaunes : « il était double, avec celui travailleurs aux portes de la pauvreté., mais aussi avec celui des habitants hors métropole qui ne souhaitent pas être des citoyens de seconde zone. »

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