Tribune de Vincent Roger et Jean Spiri, dans L’Opinion - 14 mai 2020

La plupart des Régions ont joué un rôle majeur dans la gestion de la crise sanitaire. Bien qu’elles ne soient pas dotées légalement de compétences en matière de santé, elles ont démontré durant la pandémie qu’elles savent être des relais et acteurs essentiels, capables de mettre en œuvre à l’échelle de leur territoire, une stratégie sanitaire nationale.

Distribution massive de masques, soutien à leur production locale pour pallier un approvisionnement déficient, organisation des transports, aide au renforcement des équipes soignantes via la mobilisation d’élèves infirmiers… Les Régions ont fortement contribué à faire face durant la crise du Civid-19 et ainsi, à favoriser le déconfinement. Elles avaient déjà par le passé développé des actions sanitaires, dans l’intérêt des populations, notamment en matière de prévention.

Sans bien entendu vouloir remettre en question le rôle de l’Etat en matière de grands enjeux sanitaire nationaux, Vincent Roger et Jean Spiri appellent à « créer les conditions d’un partenariat équilibré entre la déclinaison locale des impulsions nationales (…) et la vision de terrain qui est le propre d’une collectivité. » Certaines initiatives ont démontré leur efficacité et il convient d’être plus ambitieux désormais en envisageant « un changement du cadre législatif et réglementaire afin de donner aux régions les moyens de répondre aux besoins de santé des populations qui sont exponentiels. »

« Seules les régions pourront mettre en œuvre des stratégies efficientes à l’échelle de leur territoire, pour développer une politique de sport et santé, accroître la télémédecine en lien avec la réduction de la fracture numérique, structurer le désengorgement des urgences, promouvoir des dispositifs de prévention santé adaptés à leur réalité démographique et sociologique, encourager l’éducation sanitaire, renforcer les collaborations entre secteur privé et secteur public, entre médecine de ville et les hôpitaux… Tout en prenant, en concertation avec les communes, des décisions (…) pour installer un équipement, soutenir une structure médicale ou répondre à un impératif de santé publique aussi local que ponctuel. Des décisions où la connaissance du terrain est irremplaçable. »

Vincent Roger et Jean Spiri soulignent par ailleurs que « les régions, par les autres compétences qu’elles détiennent, peuvent contribuer à résoudre certaines difficultés actuelles des professionnels de santé. » Une approche régionale peut ainsi contribuer à faciliter l’hébergement, mais également la formation continue, la sécurité et le transport des personnels soignants, leur permettant ainsi d’être plus disponibles, proches et efficaces, ceci au bénéfice des patients.

Lire ici la tribune publiée dans L’Opinion

Vincent Roger est conseiller régional d’Ile-de-France et vice-président du Crips (centre régional d’information et de prévention du Sida).
Jean Spiri est conseiller régional d’Ile-de-France et président du Crips. Il est également délégué de la Manufacture pour l’Ile-de-France.